mardi 28 février 2017

Renaud ALLIRAND

(c) Renaud ALLIRAND, 2015


J'ai découvert Renaud ALLIRAND par hasard, en passant devant une galerie nantaise, tout près de chez moi ; une exposition de ses gravures sur le thème de l'écriture et de la calligraphie : j'ai beaucoup aimé la délicatesse des traits de cette série et j'ai acheté cette gravure — ma première acquisition d'une oeuvre d'un artiste ! Je me suis ensuite intéressé à sa personnalité, son travail et son univers : une série de gravures composées de lignes ; passée la première impression de froideur (même si j'aime aussi les compositions géométriques), j'en ai ensuite apprécié toute la finesse de réalisation, la nuance des tons, la diversité des formes — une belle et plaisante rencontre artistique.

lundi 27 février 2017

Pierre SOULAGES

(c) Pierre SOULAGES, 2015


Je ne suis encore jamais allé au Musée Pierre SOULAGES à Rodez, malgré mes visites dans le Cantal voisin ; une prochaine fois peut-être ! Quand je regarde son travail, pour l'instant sur écran et papier, je suis émerveillé : ses noirs ne m'évoquent pas la noirceur, ils me semblent lumineux — je sens de la chaleur émaner de cette matière, que j'ai envie de toucher ! Comme les pierres des plateaux des Monts d'Auvergne, qui, derrière leur apparente froideur, gardent toute l'ardeur acquise depuis leurs origines volcaniques... Soulages est aussi le nom d'un cheval (que j'imagine élégant, fier et racé — fidèle coursier) : équidé de la compagnie de Bartabas, lequel se plaît à donner des noms de peintres à ses compagnons (*).


(*) "Un cheval nommé 'Soulages'" - La Dépêche du Midi, 3 juillet 2016.

dimanche 26 février 2017

Willy RONIS / Ce jour-là

Au carrefour des rues Vilin et Piat à Belleville, 1958 - (c) Willy RONIS


Paris : des enfants ingénus, tels ces garnements de Belleville dont je me demande quelle sera leur prochaine bonne idée ou prochain mauvais coup ! ou ce célèbre "Petit parisien", que j'ai aperçu à de multiples reprises trônant dans diverses boulangeries, comme le portrait des Présidents de la Vème ornant les mairies de France des amoureux de tous âges, des habitués aux tables des cafés, des scènes de rues...

Je me souviens de ma découverte des photographies de Willy RONIS ; je ne connaissais de la photographie que les images de Robert DOISNEAU et la proximité de leur regard et de certaines de leurs thématiques m'a fait attribuer pendant longtemps, et sans le savoir, les clichés du premier au second ; au point qu'aujourd'hui encore, j'ai toujours un premier mouvement de doute en contemplant une image de l'un ou de l'autre.

La singularité du regard de Willy RONIS me devient plus évidente dans ses photographies "intimistes", des moments volés avec grâce et bienveillance à travers l'objectif de son appareil et le cadre de portes ou de fenêtres je pense en particulier au classique "Nu provençal", au dynamique "Vincent aéromodéliste" et à l'émouvant "Adieu au permissionnaire" : j'aime ces morceaux de vie qui font de la pratique photographique un art du regard et de l'instant.


Willy RONIS — "Ce jour-là" (Folio, 2008)

samedi 25 février 2017

Henri CARTIER-BRESSON / Des Européens

Venise, 1953 - (c) Henri CARTIER-BRESSON


"Des Européens" est le livre de photographies d'Henri CARTIER-BRESSON que je préfère ; je l'ai offert à des amis — des Européens ! — et je n'en possède même pas un exemplaire dans ma collection (aujourd'hui son édition est épuisée). Il invite à un voyage en Europe dans le temps, à travers des compositions de toute beauté, à la rencontre des lieux et des hommes y vivent ; et apporte un témoignage sur les années cinquante à soixante dix.

"Instant décisif" : le concept, inventé par Henri CARTIER-BRESSON, fait (et continue de faire ?) les jours heureux de certains théoriciens de la photographie, de certains photographes — l'objet de conversations sans fin chez les amateurs d'art ? Je trouve aujourd'hui ces discussions inutiles (à dire vrai, je ne les comprends pas !) : il me suffit d'apprécier les photographies, qui parlent d'elles-mêmes ; et j'ai juste envie de partager mon plaisir — celui de regarder ce livre, comme tant d'autres.


Henri CARTIER-BRESSON — "Des Européens" (Editions du Seuil, 1997)

vendredi 24 février 2017

Sous-bois #2



Douzième séance de dessin avec Thierry : il me fait travailler sur la lumière avec des valeurs contrastées ; après les deux études de sous-bois, nous poursuivrons avec des visages.

jeudi 23 février 2017

Les Ignorants

(c) Etienne DAVODEAU / Futuropolis


Cette bande dessinée d'Etienne DAVODEAU est l'une des plus réjouissantes qu'il m'ait été offert de lire ; la rencontre de deux passions : celle du vin et celle du dessin. Deux êtres, deux univers — en apparence éloignés — qui apprennent lentement à se connaître, et se reconnaître ; dans les deux métiers, la production est le fruit de l'envie, de l'énergie ; de la patience et du temps — de l'alchimie.

Etienne DAVODEAU, auteur-dessinateur, et Richard LEROY, viticulteur-producteur, tous deux ancrés dans leur territoire angevin, passent une année ensemble ; le premier observe le second au travail, réalise de nombreux croquis — et s'immerge dans le travail des pieds de vignes ; le second lit beaucoup et accompagne le premier dans ses voyages (éditeurs, imprimeurs, festivals), tout en prodiguant ses conseils de dégustation.

Tous deux parlent simplement de leur métier, du sens qu'il prend — et discutent de leurs goûts respectifs, par plaisir, en ouvrant autant de bouteilles que de livres !

J'aime beaucoup ce récit où il est question d'échange — je l'ai lu plusieurs fois ; si je ne devais garder qu'un nombre restreint de bandes dessinées dans ma bibliothèque, celui-ci en ferait assurément partie...


Etienne DAVODEAU — "Les Ignorants" (Futuropolis, 2011)

mercredi 22 février 2017

Robert CAPA, l'Etoile filante

(c) Florent SILLORY / Casterman


Aujourd'hui, j'ai (re-)découvert la vie de Robert CAPA, grâce à la bande dessinée de Florent SILLORY dont j'ai aimé le graphisme et le rythme : un dessin minutieux, alors qu'il m'a paru simple au premier regard ; un travail de dessinateur (j'admire ceux qui sont capables de dessiner !) et de scénariste (j'admire ceux qui sont capables de raconter des histoires...), que je trouve impressionnant pour un portrait intime du célèbre photographe de guerre — marqué à vie par la perte de son unique amour, Gerda, photographe aussi talentueuse que lui, tombée en reportage pendant la guerre d'Espagne.

Je sens la vie et l'énergie qui ont toujours accompagné le photographe, dans ses rendez-vous avec l'Histoire — lesquels portent aussi leur propre histoire : ainsi, les magnifiscent eleven, les onze images qu'il a prises du débarquement de juin 1944 ; photographies floues, dont la légende a attribué l'état à la maladresse d'un laborantin chargé de leur développement avant publication dans le magazine "Life" ; plus réalistement, il semble que Robert CAPA, victime d'un crise de panique, n'ait été en état de ne prendre que ces onze photos (quoi de plus humain pour celui qui armé d'un seul appareil photo se trouvait au côté de ceux qui faisaient partie de la première vague du jour J ?). Pour moi, loin d'écorner la "Légende Capa", cette version des faits rend grâce à son courage ; un courage hors norme, un destin exceptionnel, avec ses lumières et ses ombres, que cette bande dessinée transmet généreusement, sans jamais tomber dans l'emphase.


Florent SILLORY — "Robert CAPA, l'Etoile filante" (Casterman, 2016)

mardi 21 février 2017

...dans les bois



Après le cours de dessin du jour, dessin en cours ce soir...

dimanche 19 février 2017

Hiroh KIKAI / Asakusa Portraits

Une employée de bureau qui s'est laissé pousser les cheveux, 1987 - (c) Hiroh KIKAI


J'aime cette extraordinaire faculté qu'a Hiroh KIKAI à raconter en un cliché l'histoire de chacun.

Pour lui, la photographie est est art ou une pratique ouvert à tous et qui ne demanderait aucun talent de base, hormis peut-être la motivation, la passion et la persévérance ; cette conception à la fois minimaliste et universaliste guide sa démarche artistique : pendant plus de trente ans, souvent en marge du monde de la photographie et de l'art au Japon, il a réalisé plusieurs centaines de portraits de ses frères humains, cherchant à rendre leur singularité, leur personnalité de la façon la plus directe possible.
 
La "règle du jeu" qu'il s'est fixée — aussi simple que celle qui stipule qu'au football, on ne joue pas avec le ballon à la main — et qu'il a appliquée de façon immuable est la suivante : travailler avec un appareil moyen format (un Hasselblad qu'il s'est acheté à l'âge de vingt ans, alors jeune étudiant en philosophie, sur les conseils et grâce à un prêt de son professeur et mentor dans cette discipline), au film argentique (pour le plaisir de mettre les mains dans ses images et d'en découvrir la beauté tout au long du processus de création — ni snobisme, ni passéisme : c'est simplement un plaisir qu'il ne trouve pas avec les techniques numériques) et dans un lieu unique (les environs du temple de Sensoji à Asakusa, quartier hétéroclite de Tokyo).

Je ne trouve pas les photographies forcément toutes plaisantes et pourtant j'y devine une grande sensibilité : l'attention portée au langage corporel, à l'expression des visages, aux détails des vêtements — qu'il rend avec la précision que lui offre le format carré, toujours accompagné d'une légende dont le style fait penser parfois à un haiku. 


Hiroh KIKAI — "Asakusa Portraits" (ICP/Steidl, 2008)

vendredi 17 février 2017

Sous-bois #1



Neuvième séance avec Thierry : je travaille sur une ambiance de sous-bois ; les rudiments techniques commencent à se mettre en place satisfaction ! Nous travaillerons encore sur un paysage de forêt ; et peut-être ensuite des visages...

mardi 14 février 2017

Avon les Roches - Collégiale des Roches Tranchelion



Je me sens un peu au ras des pâquerettes en ce moment ; aujourd'hui, en vacances avec deux photographes qui me font prendre un peu de hauteur sur le site de la Collégiale des Roches Tranchelion — le premier, auteur de ce cliché, avec son drôle d'appareil photographique volant ; le second, en rappelant que c'est sur ce site que Charles VII a préparé son conseil avant la bataille de Castillon, laquelle mit fin à la guerre de cent ans.

dimanche 12 février 2017

Edouard BOUBAT / Mediterranée

Oran, 1958 - (c) Edouard BOUBAT


J'aime les photographies et la personnalité d'Edouard BOUBAT ; son parcours et son oeuvre de photographe humaniste — "un ambassadeur de paix" pour Jacques PREVERT.

"Méditerranée" est un recueil de quelque quarante photographies prises dans différents pays qu'elle borde — pour la plupart en France, Italie et Portugal autour de l'année 1955. Les clichés sont des fractions de la vie des hommes et des femmes au travail (dans les champs ou sur la mer), de leur quotidien (silhouettes de femmes portant une corbeille de linge, jeux de gamins dans les rues ou sur un port, mère donnant le sein à un nourrisson ou portant son enfant au milieu de collines), et à l'occasion de fêtes traditionnelles.

Edouard BOUBAT porte un regard tendre et empathique rendu par des cadrages simples, des compositions sur le vif et des portraits empreints de vérité et de poésie, sous une lumière du sud, dont on palpe la chaleur par son contraste.

Derrière le profane des situations émerge avec douceur et bienveillance le sacré de la vie ordinaire — la Méditerranée est bleue : en noir et blanc, cette couleur dégénère en des teintes de gris foncés qui, sous l'objectif d'Edouard BOUBAT, ne lui font perdre ni son éclat, ni son énergie.


Edouard BOUBAT — "Méditerranée" (Filligranes Editions, 2015)

jeudi 9 février 2017

JFK

(c) Glénat, 2016


Le personnage et la vie de JFK ont évidemment (presque) tout pour inspirer les auteurs de talents ; je me souviens tout d'abord de deux lectures. Celle de James ELLROY, qui nous entraînait dans les méandres et les coulisses de l"administration Kennedy, faits de complots et d'intrigues ; de personnages dont l'auteur ne retient que les aspects les plus sombres (en particulier les addictions et les maladies de Jack, ainsi que certains appelaient leur président) ; un portrait sans complaisance, dans un style dense et cérébral ; une lecture qui nécessite une attention de tous les instants, pas forcément des plus agréables. Celle de Don DE LILLO, qui s'intéresse plus spécifiquement au personnage d'Harvey LEE-OSWALD ; une proposition psychologique fine, qui parle aussi des obsessions américaines ; une lecture que j'ai trouvée plutôt fascinante.

Le film d'Oliver STONE enfin : une belle théorie cinématographique, teintée d'un brin de complotisme servi par deux acteurs hollywoodiens impeccables, pour un récit menée sans temps morts.
    
La bande dessinée sortie récemment dans la collection "Ils ont fait l'Histoire" et consacrée à Kennedy est le fruit d'une collaboration entre le scénariste Sylvain RUNBERG, l'historien et homme politique André KASPI, spécialiste des Etats-Unis (qui, comme tous les experts peut aussi se trumper dans ses analyses...), et le dessinateur Sébastien TESSIER (dit "Damour"). Elle propose une vision plus nuancée et plus distancée (rigueur scientifique de l'historien oblige....) de l'homme et de sa personnalité. Elle réussit par le récit dessiné à tracer un tableau de sa politique : ses choix, ses erreurs, son inexpérience... et surtout ses apports, ses réussites ; en prenant l'exemple de la politique internationale, dont cubaine : du fiasco de la tentative de débarquement dans la Baie des Cochons, à la gestion pleine de sang-froid dans la crise des missile russes peut-être est-il utile de se souvenir que nous devons aussi à ce jeune président et certains de ses proches collaborateurs et conseillers d'avoir évité un conflit d'ampleur...

Un exercice de concision qui concilie qualités graphiques et scénaristiques avec un regard historique : que demander de plus au neuvième art ?


Sylvain RUNBERG,  André KASPI et Damour "Kennedy" (Glénat-Fayard, 2016)
Don DELLILO "Libra" (Babel, 2001)
"JFK", un film de Oliver STONE avec Kevin COSTNER et Tommy LEE-JONES, 1991
James ELLROY "American Tabloïd" (Rivages, 1997)

vendredi 3 février 2017

Forêt



Premier brouillon de dessin après la sixième séance avec Thierry, qui a passé beaucoup de son temps à rattraper mes erreurs — sans venir à bout de toutes !