mercredi 31 mai 2017

Alain B.



Il est des hommes et des femmes qui ont dans notre existence un rôle dont, parfois, ils ou elles n'ont que peu conscience ; Alain B. en fait partie pour moi ! Il était notre professeur de français au collège et beaucoup d'entre nous lui devons la découverte d'oeuvres variées qui un livre, un film ou un tableau. Pour ma part, je lui dois ma première rencontre consciente avec les oeuvres d'art ; à l'occasion d'un voyage de classe qu'il avait organisé à Paris ; découverte du musée Picasso dont je me souviens les collages, et, entre autre, cette grande toile des "Demoiselles d'Avignon" qui a laissé une forte emprunte dans ma mémoire ; la célèbre tête de taureau faite d'une selle et d'un guidon de vélo ; les couleurs de "La Corrida", les formes de visages de femmes déstructurés. Et toute la force de cette toile d'Henri MATISSE, "La Tristesse du Roi", admirée en fin d'après-midi au Cente Pompidou — introduction à l'intention d'une oeuvre par un médiateur culturel dont je me souviens encore de quelques réflexions !

Nous avons discuté aujourd'hui de tout, de rien ; de ce qui se passe dans une vie en trente ans, de l'acte de créer, comme un acte de foi ; il m'a fait découvrir quelques artistes de sa connaissance, comme Sabine DELAHAUT et ses gravures, et j'ai été ravi de pouvoir lui offrir un exemplaire d'un livre de photographies ; medium qui a aussi son importance dans sa propre vie.


http://www.k1leditions.com
(c) Sabine DELAHAUT

mardi 30 mai 2017

Ya'Ka !



En balade sur les rives du Cher : de la "photographie de sport" en mode M ? Il n'y a qu'à essayer ! 

lundi 22 mai 2017

Jean-Claude & Denise

(c) M.S., 2017


J'ai rencontré aujourd'hui Jean-Claude et Denise POIRIER pour un entretien en leur domicile de Villedômé, au nord de Tours. "Tous les chemins mènent à Rome", dit le proverbe ; dans le jardin de Jean-Claude et Denise, un arbre marqué des traits rouge et blanc des GR est accompagné de cette inscription : "Départ de tous les sentiers du monde" – un trait d’humour qui résume l’état d’esprit de ces deux passionnés, et de tous ceux qui leur ressemblent, dont le travail et l’engagement bénéficient à tous. Ils sont en effet baliseurs professionnels, activité reconnue par la Fédération Française de Randonnée Pédestre.

Jean-Claude, ancien officier de l'Armée de l'Air, a toujours gardé les pieds sur terre et est un sportif accompli. Denise aime marcher à pied. Ensemble, depuis plus de quarante ans, ils sont parcouru des kilomètres de sentiers : "Une de nos plus belles expériences est le GR20 (dont le tracé parcourt la Corse et qui est pour les amateurs l'un des plus difficiles !)... que nous avons arpenté en 1976 !" se souviennent-ils aujourd'hui.

Finies peut-être les Grandes Randonnées aujourd'hui : s'ils ont posé leurs chaussures en Indre-et-Loire depuis plusieurs années, Denise et Jean-Claude restent présents sur les sentiers de Petites Randonnées du département. Lors des campagnes de balisage, qui ont généralement lieu à la belle saison, ils les parcourent au rythme d’une dizaine de kilomètres par jour avec le matériel nécessaire au marquage (pochoirs et pots de peinture pour apposer les signes bien connus des randonneurs) et à l’entretien des supports (une petite scie et une brosse pour dégager les marques visibles sur les troncs d’arbres, pylônes ou pieds de panneaux). Le balisage obéit également à des codes précis, mais permet aussi des innovations : on en doit certaines à Jean-Claude, comme celle des plots en béton avec marques en relief, qui peuvent accueillir le balisage de sentiers dégagés, au milieu des vignes par exemple.

Les promeneurs de Touraine peuvent compter sur la grande expérience de randonneurs de Denise et Jean-Claude pour être guidés... et profiter de la balade, peut-être en pensant à ceux qui leur tiennent invisiblement la main !

"Il faut marcher avec l'assurance du sauteur qui ne tombera pas"
(Honoré DE BALZAC)

dimanche 21 mai 2017

ex 3A

A l'initiative d'un camarade de collège, nous nous retrouvons après 30 ans dans le sud de la France pour un week-end amical... et pas banal. Nous nous rassurons en nous disant que nous n'avons pas trop changé ! 2000 km de voyage en voiture nous donnent l'occasion de revisiter des souvenirs communs ; et de porter un regard tendre, amusé — et parfois honteux ! — sur nos années d'adolescence... 


Alban, notre GO, est aujourd'hui marié, père de trois filles ; il habite dans l'Indre au calme de la campagne ; il y a cinq ans, il a décidé de laisser son boulot de commercial dans les assurances et ses 45.000 kilomètres annuels pour reprendre ses études et concrétiser son rêve : devenir avocat ; il termine cette année sa formation et devrait prêter serment au mois de septembre. Il n'a rien perdu de son enthousiasme, son goût des blagues de potache — comme adopter un regard de Hibou devant l'objectif ! Il s'est procuré le numéro de portable de notre ancien professeur de Français, également professeur principal de notre classe, à qui nous devons la découverte de belles lectures, et un voyage à Paris au Musée Picasso ; appelé en direct, ce dernier s'est montré surpris et ému de nous entendre : le son de nos voix lui a rappelé de bons moments passés ensemble — comme cette soirée d'été où nous avions fêté la fin de nos années de collégiens à son domicile...  


Frédéric travaille aujourd'hui dans un laboratoire pharmaceutique près de Toulouse ; il a recomposé sa famille et est très heureux dans sa vie ; la dernière fois que nous nous étions vus, nous avions formé une équipe de beach-volley qui avait remporté un tournoi de plage en Loire-Atlantique ; je me souviens encore de ses blocks et smashes, qui avaient tant impressionné (et parfois dégoûté...) tous nos adversaires ; il est resté sportif, bon vivant, attentionné — et gentil avec tout le monde ; les années semblent glisser sur son visage et son esprit, sans laisser de traces !  


Claire et Italia étaient inséparables : l'une introvertie, l'autre extravertie, leurs énergies s'équilibraient ; leurs retrouvailles ont été émouvantes — et elles ont rapidement retrouvé leur complicité, comme si le temps s'était suspendu ! Italia est une brillante ingénieure (cela n'est une surprise pour personne ; à l'époque, et cela n'a pas beaucoup changé depuis, elle avait le don de comprendre vite, bien et précisément ; difficile à vivre pour son camarade de classe, très souvent distancé !) ; elle a relevé de nombreux défis dans sa carrière, commencée dans l'industrie automobile pour se poursuivre dans la filière navale et énergie marine en Loire-Atlantique ; elle possède une grande envie pour concilier sa vie professionnelle et personnelle, avec un conjoint et trois enfants ! Claire est une battante que la vie a quelque peu malmenée ces dernières années ; et elle est une survivante, dont l'énergie semble sans limite ; elle a exercé de nombreux emplois, s'adaptant en permanence aux défis que la vie lui proposaient — et elle s'est toujours relevée ; je suis impressionné par sa capacité d'adaptation et de résiliance.


Sandrine a organisé ces retrouvailles avec Alban ; elle dégage une force et une bienveillance, qu'elle met aujourd'hui au service de ceux qui ont besoin d'aide et de soutien : devenue sophrologue après avoir lâché son job de communication dans le multi-média ; le prénom de son fils nous évoque un dessin animé célèbre dans nos jeunes années. Sa sérénité et son calme semblent aujourd'hui à toute épreuve — elle aime vivre au soleil de Nice, qui le lui rend bien !

Le week-end s'achève et sur le voyage retour, nous faisons halte pour retrouver Karine ; égale à elle-même, elle a conservé sa bienveillance et sa gentillesse ; orientée vers les autres, elle dirige aujourd'hui un établissement d'accueil de personnes âgées ; elle vit dans le département de la Loire avec ses deux enfants, qui ont à peu près l'âge que nous avions lorsque nous nous sommes tous connus ; ils écoutent amusés, et effarés, les quarantenaires que nous sommes devenus évoquer ces années lointaines — avec peut être l'envie de ne pas devenir (totalement) comme nous... La boucle est bouclée !





mercredi 17 mai 2017

Finies les vacances, Monsieur HULOT !

(c) Philippe TASTET, 2012
http://www.philippetastet.com


Aujourd'hui, nomination du premier gouvernement du (premier) quinquennat d'Emmanuel MACRON ; j'accueille la composition de cette équipe gouvernementale avec optimisme, sur les questions sociétales. Françoise NYSSEN, directrice de la maison d'édition "Actes Sud" — dont j'apprécie particulièrement, sans en connaître l'étendue, la ligne et les choix éditoriaux, devient Ministre de la Culture : je trouve cette nouvelle a priori enthousiasmante ! Une chercheuse au Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche, une médecin à la Santé, une championne aux Sports : issues de la "société civile", Mmes Frédérique VIDAL, Agnès BUZYN et Laura FLESSELLES incarnent un renouveau féminin ; Emmanuel MACRON semble donner une chance à la compétence présumée.

Nicolas HULOT est nommé Ministre d'Etat, numéro 3 du gouvernement et Ministre de la Transition Ecologique et Solidaire : une bonne surprise qui signifie probablement l'arrêt du projet d'aéroport de Notre-Dame des Landes ; les nantais vont conserver l'aéroport actuel, situé sur la commune de Bouguenais, les terres agricoles et zones humides du nord de la Loire Atlantique vont être ainsi préservées — ainsi que la quiétude des bords du canal de Nantes à Brest. Projet datant de la fin des années soixante, dépassé aujourd'hui ; et abandonné demain ! Je me dis aussi que l'indécision (peut-être calculée) de François HOLLANDE sur le sujet, et l'engagement de certains irréductibles de la ZAD, ont été des cadeaux pour que ce projet ne se fasse pas ; ce qui donne espoir pour d'autres choix industriels, en cohérence avec les mutations à venir, en particulier de la transition énergétique.

Cependant, je ne pense pas que cela soit suffisant ; la prise en compte des enjeux environnementaux nécessite aussi des changements systémiques plus profonds, portés par une vision globale de l'homme, de sa place dans le monde ; des modes de productions et de consommation ; j'espère que l'innovation dans ce domaine permettra le développement de solutions variées — qualité de vie remplaçant quantité de vie, ce que de nombreux visionnaires ont compris ! Et que cela passera par une convergence optimiste des énergies (c'est le mot !) de chacun, et pas seulement avec des traités internationaux, utiles et à la portée concrète limitée (*). C'est aussi pourquoi je reste dubitatif sur les choix économiques que pourrait nous faire prendre ce gouvernement, avec une orientation libérale dure, issue du passé — et au fond peu porteuse d'espoir pour la majorité d'entre nous.

Dans le système de pensée économique qui est le nôtre, une croissance de 1% est une nouvelles effarante, corrélée à un taux de chômage important ; ce taux permet des progrès globaux pour une société, avec des innovations et une amélioration des conditions de vie matérielle — en décalage avec l'immédiateté à laquelle nous habitue la technologie numérique. Il permet l'investissement, la foi en l'avenir ; assorti d'une réforme fiscale, il donne des marges de manoeuvre aux gouvernements, aux citoyens ; il ne permet pas la spéculation, véritable prédation économique, et c'est tant mieux.

Ces choix appartiennent tant à la sphère politique — que ce gouvernement prenne ses responsabilités, avec sa politique ; et travaille pour le plus grand nombre, en particulier aux enjeux écologiques, qui dépassent l'environnement et touchent au social — qu'à nous tous ; je me dis que nos choix de vie et de (non ?) consommation sont les seuls véritablement à notre portée ; et c'est ce qui me donne espoir pour l'action — une réflexion, comme celle développée par André LEBEAU (**) sur une éventuelle tragédie écologique à venir, sert à prendre conscience : j'en avais apprécié la pertinence ; à trop s'y attarder cependant, on serait tentés de baisser les bras...             

 
(*) http://www.liberation.fr/futurs/2015/04/08/il-faut-etre-fou-pour-croire-aux-conferences-climat_1237274
(**) André LEBEAU — "L'enfermement planétaire" (Gallimard, 2008)

lundi 15 mai 2017

Noir Désir



Je me souviens du dernier album de Noir Désir ; "Des Visages, des Figures" m'avait au moment de sa sortie profondément marqué (quelques jours avant les attentats de New-York, ces mots résonnaient bizarrement : Malentendu entre les tours... et c'est le fou qui était pour). La puissance des arrangements (comme dans Lost), la maturité des textes (comme Bouquet de nerfs) et des reprises (Ces gens-là, Des armes) à l'identité assumée qui annonçaient d'autres compositions à venir.

D'un concert de la tournée l'année suivante, à Angers, en compagnie de mon amie N. ; voir N.D. sur scène pour la première, et la dernière fois. L'énergie dégagée par les quatre hommes —  Rien ne bouge (extrait de l'album le plus brut, "Du Ciment sous les plaines") ouvre le bal : en route pour la joie ! La présence incroyable de son chanteur. Une tournée chant du cygne, qui s'est effacée quelques mois après devant la violence inqualifiable de Bertrand CANTAT et sa dispute irréparable avec Marie TRINTIGNANT.

Lorsque le groupe annonce sept ans plus tard sa logique dissolution, certains font la fine bouche (*) ; au-delà de la personnalité controversée d'un homme, il reste pour moi un groupe et un état d'esprit ; une énergie.

(*)  http://www.slate.fr/story/31051/noir-desir-cantat-fini-le-temps-lemportera



dimanche 7 mai 2017

Michel et Les Loups

(c) Ysope, 2010
http://ysope.over-blog.net


Dans une chronique vidéo, Michel ONFRAY réagit à l'élection d'Emmanuel MACRON ; en développant un argumentaire qui par certains aspects fait appel à une notion de "mécanique politique" trop bien huilée à ses yeux ; cela m'a inspiré le commentaire suivant.

Si le point de vue de Michel ONFRAY est souvent intéressant, pour moi, le raisonnement qu'il propose dans sa chronique est biaisé - une suite de "vérités" (intérêt des "puissances de l'argent", convergence des intérêts économiques avec le législatif qui les favorise, difficulté à contrer les grandes orientations politiques et économiques de la construction européenne, grands médias possédés par des grands industriels, etc.) ne converge pas vers "la vérité" (en jargon mathématique, je dirais que la convergence des propos de Michel ONFRAY est de type "simple" alors qu'il nous la présente comme "uniforme", ce qui n'est pas le cas...).
Il n'y a pas pour moi à parler de "complot" s'agissant d'un système qui fonctionne très bien tout seul... Face à lui, nous pouvons avoir l'approche de Michel ONFRAY : écrire à l'envi des propos intéressants, mais toujours les mêmes : ou alors faire des propositions, et s'engager dans l'action. Elle est double : conscience globale - et action locale. La "réalité" est plus complexe qu'un clivage ; je pense comme Émile ZOLA dans "l'Argent" que celui-ci est un moyen ; il peut servir notre futur à tous - au moins les 95% d'entre nous, qui avons au fond les mêmes intérêts... C'est lorsqu'il devient une fin, comme c'est le cas aujourd'hui, que le risque est grand - et inacceptable pour les hommes. Je pense aussi avec Thomas PIKETTI qu'une croissance de 1% n'est qu'une mauvaise nouvelle que pour les spéculateurs - pas pour le reste de la planète (en 20 ans, les progrès sont visibles à l'échelle humaine ; ralentir n'est pas détruire : si déjà nous nous en convainquions et l'expérimentions, cela serait pas mal, en l'accompagnant d'une redistribution des richesses la moins inégalitaire possible...).
Nous pouvons faire transformer par nos actions (y compris de consommation) des multinationales dont les modes d'organisation du travail et l'impact environnemental et social ne sont pas en accord avec les enjeux actuels MacDo par exemple ?! Les "emplois détruits" se créeront ailleurs (parlez à "Fermes d'Avenir" par exemple : on peut produire plus durable... et rentable, mais plus lentement aussi !) Et il nous faut des entrepreneurs - locaux ; des visionnaires qui donnent envie et proposent autre chose ! De même, nous pouvons sortir du Nucléaire : pas en cinq ans, mais en vingt cinq, au moins ; pour cela nous avons besoin de former des ingénieurs, techniciens et ouvriers à ces technologies : alors quand je constate que par effet de "communication anti-nucléaire", des élèves ingénieurs se détournent de ces formations, je suis un peu inquiet. Et économiquement, le démantèlement n'entraînera pas de chômage : il y a tellement à faire ! Ne soyons pas si inquiets, pessimistes ou obnubilés par nos peurs : le pire n'est pas certain ; nous ne vivons pas dans un monde facile (l'a-t-il déjà été ? Avons-nous vécu la crise des missiles de Cuba, très bien gérée par une jeune JFK - un MACRON de l'époque ? Avons-nous vécu le terrorisme des Brigades Rouges ? etc.) ; les faits sont aussi là : le monde est globalement plus sûr qu'il ne l'a été, mais notre perception en  est malmenée... A quand des penseurs "positifs" de notre futur ? Qui nous dit que le quinquennat d'Emmanuel MACRON sera négatif ? En existe-t-il de si mauvais ? Il fera sans doute prendre de bonnes décisions globales - il n'est pas homme providentiel, il y aura un parlement, un gouvernement, etc. - et de mauvaises : revers d'une même médaille ; et rien ne nous empêchera à titre individuel de ne pas vivre en accord avec nos convictions. Soyons optimistes, que diable ! Nos actions nous appartiennent. Et Michel ONFRAY, auteur d'un journal hédoniste, pourrait peut-être nous inviter à vivre comme il nous le montre dans certains de ses écrits ; c'est aujourd'hui ce que j'ai envie de retenir de lui ; et d'Henri-David THOREAU : "être philosophe, ce n'est pas avoir de belles théories ni fonder une École, c'est aimer suffisamment la sagesse pour mener une vie conforme à ses principes - ou valeurs" ; du positif et du nouveau, pas un rabâchage de ce que nous avons globalement tous compris...

samedi 6 mai 2017

Façades bancales

(c) Gilles FENOLL, 2017


En revenant du marché, j'ai croisé un amateur de Leica — qui disait posséder par ailleurs plus de deux cents appareils argentiques ! Venu de la région parisienne, il découvrait Nantes et son architecture typique, comme ces fameuses façades bancales, place du Port Communeau. Nous avons discuté quelques instants de photographie, de géographie et... de courses de chevaux ! Je lui ai demandé un tirage numérique de l'une des photos argentiques prises ce matin, à laquelle il a bien voulu donner suite.

vendredi 5 mai 2017

La France Insoumise : être rebelle, est-ce faire fi de valeurs fondamentales ?

(c) Plantu, 2017
www.facebook.com


Les réseaux sociaux servent la communication des hommes politiques ; je trouve aussi un excellent moyen de dire ce que leurs attitudes et idées suscitent en nous ; aujourd'hui, j'ai publié un état d'âme sur la page facebook de Jean-Luc MELENCHON. L'exercice en est à la fois exigeant et instructif ; je suis heureux d'avoir fait cela !

Monsieur Jean-Luc MELENCHON, vous et votre mouvement La France Insoumise portait un espoir de changement et souhaitait incarner un renouveau ; je partage certaines de vos propositions, j'ai apprécié discuter avec des militants de FI (cette lettre grecque qui invite à réfléchir... et agir) - qui avaient à coeur d'expliquer leur projet, celui que vous avez défendu en tribun pendant cette campagne ; qui vous a crédité de près de 7 millions de suffrages ; je n'ai pas voté pour vous au premier tour, et je sais cependant qu'avec vous et vos militants, nous pouvons trouver des terrains d'entente - pour demain.
Je n'ai pas apprécié les commentaires de certains, qui évoquaient des "convergences profondes" entre votre mouvement et le Front National - c'est pour moi une malhonnêteté intellectuelle, qui fait fi de la réalité historique, sociologique et politique de votre mouvement - et de votre parcours.
Seulement voilà : je trouve aussi votre attitude irresponsable - et celles de vos soutiens également. Vous ne vous êtes pas exprimé clairement sur votre choix au second tour ; pour moi, par calcul et par arrogance ; non pas en chef de mouvement qui dicterait à ses électeurs et sympathisants la marche à suivre - nous valons tous mieux que ça ; mais en tant qu'homme - et responsable politique, à qui on offre une tribune, l'accès à des moyens d'expression que d'autres n'auront jamais.
Vous vous référez au sens de l'Histoire, vous convoquez de belles figures dans vos discours (Victor HUGO, Jean JAURES et d'autres) ; vous êtes lettré et cultivé ; mais quels risques avez-vous pris ? Même pas celui de dire qu'à titre personnel, vous préfèreriez voir la candidate du Front National faire un score le plus bas possible au second tour - pour que tous, nous gardions espoir en l'avenir ; parce qu'aujourd'hui, dans les faits, il ne s'agit que de cela.
Quand je vois certains de vos jeunes militants avec un rictus de dégoût quand on évoque un vote possible pour Emmanuel MACRON, j'en suis triste et me dit que vous n'avez pas fait votre boulot ; entre Monsieur MACRON et Madame LE PEN, le choix n'est pas entre la peste et le choléras ; mais entre la peste (dont on meurt) et la dépression (dont on guérit) - par la force du collectif, des luttes à venir - et parce que l'un est un démocrate, contre qui nous pourrons nous opposer, l'autre non - qui rendra insupportable la vie à des millions d'entre nous, dont vos électeurs, militants et sympathisants.
Je n'ai aucune illusion sur Monsieur MACRON et la politique générale vers laquelle il va emmener le pays ; je voterai pour lui pour parce que concrètement, c'est la seule façon avec ce second tour d'élection d'appliquer un "No Passaran !" - d'autres actions seront possibles.
Alors quels risques avez-vous pris, Monsieur MELENCHON, dans cette élection ? En 2017, celui de dire que vous, homme simple, vous luttez chaque jour contre la haine et les mensonges de vos adversaires politiques ; et que puisque nous est donné à chacun le droit de voter (que d'autres sont morts pour cela, lesquels étaient aussi des insoumis, les oubliez-vous dans vos beaux discours ?) ; que vous, homme du peuple, simple citoyen, vous vous voteriez pour Emmanuel MACRON, parce qu'avec le fascisme il n'est pas question de calculer, mais d'agir ici et maintenant avec les moyens à disposition. Et que vous vous opposerez à sa politique demain - en adversaire avec qui il devra compter, fort de ceux qui ont adhéré à votre programme.
Voyez-vous, mon grand père ne pourra pas voter à cette élection ; la mort l'a emporté en début d'année ; il était un "Juste parmi les Nations" : secrétaire de mairie en 1940, alors âgé de vingt ans, il a aidé ceux qui avaient besoin, en prodiguant des faux papiers - en prenant de VRAIS risques : avec sa vie. Il parlait aussi du "mur de l'argent" - qu'il avait en horreur lorsqu'il ne sert que lui-même, comme Emile ZOLA lorsqu'il en montre les effets nefastes - et aussi l'energie creatrice - dans "l'Argent" (vous cconnaissez cela mieux que beaucoup, n'est ce pas ?)
Et je suis sûr d'une chose : à cette élection, il n'aurait pas hésité une seconde et aurait utilisé son bulletin de vote pour lutter contre la bêtise et la haine - pour faire comme il a fait lorsqu'il était jeune : donner de l'espoir et lutter contre les ténèbres. Sans état d'âmes, en paix - et pas avec les atermoiements, tout à fait compréhensibles, mais finalement stériles, de vos militants qui répugnent à mettre leurs belles paroles en action : vous êtes anti-fascistes ? Prouvez-le : en les battant, et le plus nettement possible à une élection, celle-ci pour commencer ; et dimanche, cela passe par un vote. A moins que ce moyen ne trouve grâce à vos yeux que lorsqu'il vous arrange ?
Je suis de gauche - concrètement ; et c'est pour mon grand père - un homme simple, du peuple (qui avait aussi l'humilité de ses actions et qui aurait beaucoup à apprendre à vos jeunes militants et sympathisants), que je serai fier dimanche de voter contre Marine LE PEN, avec un bulletin Emmanuel MACRON.
Au fond, Monsieur MELENCHON, avec une telle attitude, je trouve que vous ne valez pas mieux que les autres - ceux du PS que vous avez tancé, à juste titre parfois ; vous pourriez aussi réussir une chose : dégoûter de la gauche, de la politique, et faire le jeu de ceux que vous dites combattre...
Alors la prochaine fois, faites mieux, s'il vous plaît - au moins en tant qu'homme, et RESPONSABLE politique ; pas en calculateur ou stratège froid.
Bonne journée à vous ; bonne continuation pour la suite dans vos mandats et vos combats.

mercredi 3 mai 2017

Xavier, payculteur d'avenir



Aujourd'hui, j'ai eu la chance de rencontrer rapidement Xavier MATHIAS, exploitant de la Ferme de la Bourdaisière à Montlouis ; elle fait partie des "Fermes d'Avenir" (*), projet initié par le visionnaire Maxime DE ROSTOLAN avec qui j'ai pu aussi discuter. Xavier a des yeux malicieux, plein de vie et d'intelligence — et un sourire heureux ; humble et modeste, il est homme aux multiples talents : maraîcher bio, producteur de plants et semences, formateur au Potager du Roi à Versailles. Il est amoureux de son métier, des végétaux et de la nature ; il sait aussi faire partager cette passion par l'écriture — auteur de plusieurs ouvrages, dont un guide (**), dans lequel il livre ses secrets pour une culture," facile et sans soucis", de ses variétés favorites. Il est aujourd'hui "payculteur" et s'attache à faire pousser des légumes rares et à en promouvoir le goût — comme la saveur toute particulière de ce plant de Mertensia maritima. Une rencontre et un homme inspirants ! 


(*) https://fermesdavenir.org/
(**) Xavier MATHIAS — "Le potager selon Xavier" (Flammarion, 2014)

lundi 1 mai 2017

Jeanloup SIEFF / Vallée de la Mort

Dunes de sable, 1978 - (c) Jeanloup SIEFF


Drôle d'idée que de lire un livre intitulé "Vallée de la Mort" ! Dit comme cela, évidemment... mais il s'agit du recueil de photographies prises par Jeanloup SIEFF à la fin des années soixante-dix : le photographe a apprécié les paysages offerts par ce désert situé au milieu de la Californie, avec les compositions abstraites qu'il permet.

Je me souviens d'un voyage aux Etats-Unis et de la découverte de ce lieu, à la fois hostile pas ses extrêmes (paysages arides et contrastés ; très chaudes températures) et beau par ses formes ; je me souviens aussi du film "Zabriskie Point", tourné dans cette ambiance à la même période : les 70's et la quête de liberté et de grands espaces ! 

J'ai bien aimé les photographies de ce livre ; et les noirs profonds, de toute beauté, qui sont typiques du style de Jeanloup SIEFF : portraits ou paysages, le rendu est à couper le souffle !


Jeanloup SIEFF — "Vallée de la Mort" (Contrejour, 2011)