vendredi 4 août 2017

Holidays

(c) Martin PARR / Magnum


Août est le mois des vacances ! Profiter d'un temps pour sortir de ses modes de fonctionnement, hors de chez soi. Pour se reposer, lire, assister à un concert ou une pièce de théâtre en plein air ; découvrir d'autres saveurs ; se baigner dans l'océan... et éventuellement voyager. Pour une partie de la société française, c'est une réalité ; ceux qui ont cette chance, dont je fais partie, peuvent aussi oublier que partir en vacances reste encore à bien des égards un privilège...

"La crise rend les riches plus riches et les pauvres plus pauvres ; moi, je ne vois pas en quoi c'est une crise" (Michel COLUCCI)

Nous ne sommes évidemment pas égaux devant cette possibilité : partir en vacances. Quelques chiffres pour mémoire : selon l'observatoire des inégalités (http://www.inegalites.fr/), en 2014, les cadres et professions intellectuelles supérieures sont ceux qui ont le plus profité de congés hors de chez eux... et les ouvriers le moins. On constate même assez logiquement une corrélation presque parfaite entre CSP et taux de départ !
  

Et sans surprise également, pour ceux qui ne pouvaient partir, les raisons qui expliquent ce renoncement sont avant tout financières...


Quelques données utiles peut-être à rappeler un journaliste-star que j'ai trouvé arrogant et insupportable et qui aujourd'hui se félicite d'avoir, avec un édito douteux, "lancé un débat" sur la question du temps de travail (comme si cela était nouveau... Détestable stratégie de communication, trop bien huilée pour être honnête). Peut-être ne va-t-il pas assez loin : que ceux qui ne peuvent pas partir renoncent effectivement à leurs congés, puisqu'ils n'ont pas les moyens de les mettre à profit !

Confier la réflexion et l'organisation de débats à ceux qui sont parmi les plus (réellement) privilégiés... et déconnectés des contingences ? Intégrer leurs brillantes analyses et y adhérer au nom d'un prétendu principe de réalité ? Sans rien dire ? Non, merci.

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